12.05.2011
L'impact de la crise économique sur les femmes
Les premiers secteurs touchés par la crise ont été des secteurs dominés par le travail masculin, mais la crise frappe maintenant les secteurs des services et du commerce, secteurs principalement "féminin". De plus, les femmes sont surreprésentées dans les emplois précaires, irréguliers et mal rémunérés, qui sont généralement les premiers à disparaitre, notamment pour cause de non-renouvellement des contrats, mais aussi réduction d'horaire qui amène à des situations de sous emplois. Selon le bureau international du travail, les femmes ont plus souffert du chômage que les homme en 2009.
De plus, il faut prendre en compte les défauts des statistiques sur le chômage. Il faut savoir qu'une partie non négligeable des personnes, surtout des femmes, à la recherche d'un emploi rémunéré ne sont pas inscrites auxchômage. Il faut aussi prendre en compte, les personnes qui arrivent au bout de leur indémnité chômage, sans pour autant avoir trouvé un emploi. Enfin, on assiste à une discrimination à l'accès au chômage, notamment avec la révision de l'assurance chômage, qui défavorise les personnes ayant connus des boulots atypiques ou des parcours discontinus (on peut penser à la garde des enfants, majoritairement supportée par les femmes).
La crise pousse de plus en plus de monde dans la précarité. A Lausanne, 12 000 personnes ont touché l'aide sociale en 2009. Les familles monoparentales, souvent des femmes migrantes avec un ou plusieurs enfants, sont les plus touchées par ce phénomène. De plus, les pensions alimentaires sont beaucoup trop basses. La baisse du pouvoir d'achat a également de plus grave conséquence sur les faibles revenus, principalement des femmes. Ces dernières attribuent une plus grandes part de leur revenus au panier de la ménagère que les hommes. La crise a eu comme conséquence de précariser encore plus des personnes déjà précarisées, parmi lesquelles ont retrouve souvent des femmes.
La crise sert d'excuse à l'Etat pour couper dans les dépenses publiques. Les coupes dans les secteurs de la santé , des soins et de l'éducation défavorisent fortement les femmes. En effet, ces dernières s'occupent bien plus que les hommes du travail domestique et "care" bénévole et non rémunéré, comme le ménage, la garde d'enfants et le soin aux personnes âgées. Ce sont donc elles qui prendront en partie en charge les personnes délaissées par l'Etat et ceci gratuitement. La situation en matière de garde d'enfant par exemple est extrêmement critique. On considère que 120'000 enfants d'âge pré-scolaires n'ont pas de place en crèche. Les femmes doivent soit arrêter de travailler ou travailler à temps partiel ou employer à bas prix d'autres femmes, souvent migrantes.
Les velléités économe de certains partis, remettent aussi en cause des droits fondamentaux des femmes, comme la contraception et l'avortement. La motion Föhn qui voulait enlever l'IVG de l'assurance de base, ainsi que l'initiative populaire « Financer l'avortement est une affaire privée » argumentent toute deux sur la diminution des primes assurances maladies. Les situations de crises sont propices à des retours de bâton concernant certains droits fondamentaux. Il semble donc important de rester vigilant-e-s et de lutter encore et toujours pour l'égalité entre hommes et femmes.
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01.05.2011
Une femme n'est pas un homme et inversement
Il y a quelque jours, j'ai lu la "critique" du 20 minutes suisse concernant le film Tomboy de Céline Sciamma que je n'ai pas encore bien que cela ne tardera sûrement pas. Je pourrais m’étaler sur l'intérêt réel d'une critique qui fait à peine une dizaine de lignes mais ce ne serait pas dans la ligne de ce blog qui souhaite parler des problématiques de genre et de sexe. L'auteur de l'article présente le personnage principal de film comme pouvant passer pour un garçon. D'ailleurs, Laure, puisque tel est son nom, cache qu'elle est une fille à ses amis. Suite à cela l'auteur de l'article emploie deux expressions qui m'ont fait sursauter: "fausse identité" et "Laure n’échappera pas à la vérité". Ce sont ces expressions que je souhaiterais mettre en question.
Pourquoi ces deux expressions me font-elles réagir? Après tout une femme et un homme se reconnaissent tout simplement par leurs sexes n'est ce pas? En cas de doute il suffit de soulever la jupe ou de baisser le pantalon et d'observer (puis s'exclamer, si vous êtes taquins et si c'est un garçon, Duas Habet et Bene Pendentes). Bref, reconnaître un garçon ou une fille semble être facile et se concentrer sur les organes génitaux. Ceux-ci sont, ainsi, les garants de l'identité sexuelle de son porteur qui ne peut pas s'en défaire sans être considéré comme malade. C'est dans cette vision du monde que s'inscrit l'auteur de l'article précité. Mais celle-ci oublie un caractère fondamentale de l'identité sexuelle. Celle-ci n'est pas simplement naturalisée par les organes génitaux mais dépend, aussi, du monde social.
Il ne faut donc pas oublier que sur l'identité sexuelle biologique se greffe, parfois en contradiction, une identité sexuelle sociale. Celle-ci est différente non seulement selon l'époque mais aussi selon les sociétés et les pays. Ainsi, certaines attitudes que l'on considère féminine ici et maintenant peuvent très bien être parfaitement admise pour un homme dans une époque donné ou/et un lieux donné. Je donnerais l'exemple assez simple du maquillage. Il est aussi parfaitement possible de se sentir homme dans un corps de femme et, inversement, femme dans un corps d'homme. Dans ce cas l'identité sexuelle biologique est en contradiction avec l'identité sexuelle sociale. Il ne faut pas non plus oublier les cas des hermaphrodites qui naissent avec une identité sexuelle biologique peu claire voir indifférenciée mais qui peuvent développer une identité sexuelle sociale homme ou femme (parfois en contradiction de la décision du médecin ou des parents). Mon propos est donc simple: le sexe, en lui-même, ne crée pas naturellement l'identité. Pour reprendre les termes de Simone de Beauvoir: On ne naît pas femme, on le devient. Ce qui, bien entendu, est aussi valable pour les hommes. Bref, l'identité est plus compliquée qu'une simple affaire de biologie.
18:16 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : identité sexuelle, identité sociale



